Réunion tarnaise dans la Dépêche

Les associations tarnaises qui luttent contre le développement des projets éoliens industriels ont tenu une réunion de rentrée la semaine dernière à Mazamet.

Les associations tarnaises font partie du collectif Toutes nos énergies-occitanie Environnement (TNE-OE) regroupant 160 associations locales et collectifs départementaux. Elles participent à des actions locales et à des débats en faisant connaître leurs démarches et leur désaccord. «Nous nous opposons à tous ces projets qui défigurent notre département, déclare Dominique Boury, et se mènent sans consultation sérieuse des habitants. Nous regrettons que plusieurs municipalités se laissent convaincre pour quelques gains financiers par les promoteurs privés, et acceptent l’implantation d’éoliennes sur leur commune sans souci des nuisances ni des contraintes».

Les projets
Cette réunion a été l’occasion de faire le point sur les projets en cours dans le département. La charte du Parc du Haut Languedoc instaure une limite de 300 éoliennes industrielles sur le territoire du Parc. D’après la Dréal Occitanie, il a actuellement 271 machines installées ou autorisées plus les dossiers en cours d’instructions.

Le projet de Milhars (douze machines) pourrait selon l’association «Sauvons le ciel de Cordes» avorter faute de vent. De même que le projet de huit éoliennes dans la forêt de Giroussens a été abandonné d’après l’association «Vents contraires». Ce n’est pas le cas du parc éolien de Saint-Amans Valtoret (10 mats), initié en 2007, dont le recours de l’association «Reveilh» contre la décision accordant le permis de construire a été rejeté par le tribunal administratif en première instance mais une décision doit être prise en appel. L’association Nostra Montanha s’oppose aux deux projets d’implantation de treize éoliennes sur deux communes (Boissezon et Cambounes) en lisière du Rialet qui sont à l’étude.

Selon «Vent mauvais», près de 70 éoliennes sont déjà implantées sur les sommets de la Montagne Noire et d’autres projets sont à l’étude dans les communes voisines, qui portent sur plusieurs dizaines d’aérogénérateurs.

«Protection Somail» annonce un projet de huit éoliennes sur la commune de Courniou mais aucun dossier n’a été déposé.

Arviee et Calelh s’opposent à des projets éoliens dans les Monts de Lacaune (près de 60 machines sont déjà installées) et une vingtaine est en projet (Lacaze, Murat/V., Lacaune, Montredon L. et Viane).

Une transition équilibrée
Les associations tarnaises attendent beaucoup des élections municipales en 2020 où les maires devront se positionner sur l’éolien industriel. «Les associations refusent de se laisser imposer une politique qui sacrifie les territoires ruraux et se battent pour une transition équilibrée, socialement acceptable par les habitants, respectueuse de la biodiversité, du patrimoine paysager et culturel, de la qualité de vie des citoyens».

TNE-OE se veut porteur d’une alternative de progrès et s’oppose à un modèle de pensée qui se résume à faire produire de l’énergie dans les campagnes au bénéfice des métropoles urbaines.

La lutte continue contre les projets éoliens industriels